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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 23:39

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour vous parler du dernier livre que j'ai lu

 

Annie Girardot "la mémoire de ma mère" de Giulia Salvatori

 

                      

Giulia Salvatori étant la fille d'Annie Girardot

 

En 2010, dans une déclaration médiatique dans le cadre de la journée mondiale contre la maladie d’Alzheimer, sa fille déclare qu'Annie Girardot ne se souvient plus avoir été actrice, en raison de la maladie dont elle souffre et ajoute :

"Si j’ai un message à faire passer, c’est de ne plus essayer de rencontrer Annie Girardot, d’avoir une dernière photo...Si vous avez aimé maman, surtout, il faut lui foutre la paix, garder d’elle une belle image"

 

je vous mets ci-dessous quelques extrait du livre trouvé sur "l'express.fr", vous trouverez le lien plus bas si vous voulez d'autres extraits ...

 

c'est un livre très touchant, Giulia raconte la descente de sa mère , vers cet enfer ... qui mène à la perte de la mémoire,

 

mais on fait aussi connaissance avec Annie, je la connaissais comme actrice, mais pas comme femme, et dans ce livre on la voit en tant qu'épouse, maitresse et maman, une autre façon de connaitre cette grande actrice ...pleine de générosité, trop grande générosité d'ailleurs !!!

 

ce n'est pas un livre larmoyant, je le craignais un peu mais ce n'est pas le cas, et il a été écrit du vivant d'Annie, (en 2006 il me semble) 

celle-ci étant décédée en février 2011

 

 

[...] Je suis réveillée par Annie qui arrive près de mon lit en déshabillé, complètement surexcitée.

Je regarde ma montre: il n'est pas encore 7 heures, et je suis dans le potage.

- Giulia, la télé de ma chambre ne marche pas. Je croyais que tu l'avais fait réparer.

- Mais si, elle marche! Hier soir, tu l'as regardée.

- Viens voir, ce n'est pas Télématin...

- Maman, on est en Italie ici, c'est la télévision italienne. On ne reçoit pas la télé française. Du moins, pas encore...

- A cette heure-ci, il y a Télématin. Ne me raconte pas n'importe quoi! Je ne suis pas folle! Télématin avec William Leymergie sur la 2. J'ai appuyé sur la 2 et ce n'est pas Télématin.

- Non, c'est la deuxième chaîne italienne. Maman, on est en Sardaigne, voyons. Tu commences à m'inquiéter...

Ses yeux passent soudain de la colère à une espèce de vide. Puis, comme si la machine se remettait en marche, son regard redevient de velours et une lueur gaie brille à nouveau dans ses prunelles.

- Bon, qu'est-ce que je fais ici, moi? Elle regarde sa montre et sursaute.

- Il est à peine 7 heures! Je vais me recoucher. Pourquoi je me suis levée si tôt? Tu m'as appelée, ma chérie ?

                                *********************************************

 

Le temps des rumeurs

La rumeur a été dévastatrice, imparable et odieuse. Elle a pris corps peu à peu dans un milieu où la compassion n'existe guère... sauf lorsqu'il s'agit de l'exhiber à la télé.

Je ne sais pas qui est le premier - ou la première - à avoir balancé le ragot, mais il s'est vite répandu comme une traînée de boue.

La Girardot picole! La Girardot est une poivrote!

La maladie commençait à progresser chez maman et nous n'étions au début qu'un tout petit nombre de proches à nous en apercevoir. Sans oser nous l'avouer, sans vouloir en parler.

En revanche, maman continuait à rencontrer beaucoup de monde et il est exact qu'en société son discours devenait parfois étrange et son comportement surprenant. Il lui arrivait aussi de ne pas reconnaître certaines personnes, ou d'utiliser un mot pour un autre.

                                             *************************************

 

Baignade en Sardaigne

Elle est là, la tête baissée, la joue pressée contre le montant métallique, les deux mains accrochées aux échelons de bois. Je ne vois pas son regard, elle cache son visage.

- Maman, qu'est-ce que tu as? C'est une crampe?

- Non, ça va.

- Tu veux remonter sur le bateau?

- Oui. Je veux remonter. [...]

OK. Tu n'as pas besoin que je t'aide, quand même!

- Si, aide-moi... Je ne sais plus comment on fait pour remonter.

- Comment ça, tu ne sais plus?

- Je sais plus. Mes jambes, elles n'obéissent plus.

Un très beau livre à lire .....

 

Et pour finir, une des positions préférées de Domino !!!

Domino qui prend le soleil ....

Domino qui prend le soleil ....

Je vous souhaite une très bonne journée, et une bonne lecture !!!

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 00:02

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà, je vous avais dit que je ne partais pas tout de suite ....

pour vous parler d'une autre saga que j'ai lue il y a plusieurs années ...

 

"Le cercle de pierre" de Diana Gabaldon

 

 

saga - "le cercle de pierre"

saga - "le cercle de pierre"

et pour vous mettre encore une fois en appétit , un résumé du début du premier tome ....

 

 

Ancienne infirmière de l'armée britannique, Claire Beauchamp-Randall passe des vacances tranquilles en Ecosse, où elle s'efforce d'oublier les horreurs de la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front...

Au cours d'une promenade sur la lande, la jeune femme est attirée par des cérémonies étranges autour d'un menhir.

Elle s'en approche, et c'est alors que l'incroyable survient : Claire est précipitée deux cents ans en arrière.

1743. L'Ecosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l'occupant anglais. Claire se retrouve plongée au coeur d'un monde inconnu, fait de violences et d'intrigues politiques qui la dépassent.

Heureusement, sa route croise celle de Jamie Fraser, un Ecossais au grand coeur. Happée par cette nouvelle vie palpitante, Claire saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois, désormais si lointaine ?

encore une saga qui vous fera voyager dans le temps et vivre avec Claire de sacrées aventures ....

 

inutile de vous dire que j'avais adoré !!!

 

mais  comme vous avez pu le constater, j'aime les livres qui me font voyager sur la planete ou dans le temps ....

 

il faut absolument que je retrouve le temps de lire, car j'en ai beaucoup en réserve !!!!

 

mais en attendant il y en a pas mal que j'ai lu et dont je vous parlerai ...

J'espère que je vous aurai donné des idées de lecture pour cet été...

 

je vous souhaite une très bonne journée et à bientot !!!

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 23:53

Bonjour à tous et à toutes,

                        

         

Aujourd'hui je vous parle du dernier tome des "Hunger games"

 

une fois de plus j'ai beaucoup aimé, en fait j'ai beaucoup aimé la trilogie

Résumé :

Je m’appelle Katniss Everdeen. Je devais être morte. Maintenant je vais mener la révolte.

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance.

Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair. Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir.

 

Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

 

Ce j'ai aimé dans ce livre c'est toutes les questions que se pose Katniss,

 

qui sont ses vrais ennemis, le président Snow, le capitole, oubien tous ceux en qui elle avait confiance .... elle ne sait plus qui manipule qui ... 

 

pour le savoir vous devrez lire ce livre !!!...

 

j'avais hate d'arriver à la fin du livre, pour savoir ce qu'il allait advenir de Katniss et de ses proches ...

Je vous souhaite une très bonne journée, et je vous souhaite un bonne lecture !!!!

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 23:29

Bonjour à tous et à toutes ,

 

Pour cet été je vais vous donner des idées de lecture pour ceux ou celles qui ne sauraient plus quoi lire,

 

je vous parlerai d'autres livres que j'ai lu, certains il y a longtemps .... de quoi vous occuper, d'autant que je vais moins publier cet été ....

 

Mais je vais avoir l'occasion de vous faire voyager !!!!....

 

aujourd'hui je vais vous parler d'une saga que j'avais adorée ...

 

"Les enfants de la Terre" de Jean M. AUEL

 

je l'ai lue il y a plusieurs années, il n'y a que le dernier tome que j'ai lu plus récemment, et qui n'apparait pas sur la photo ci-dessous avec tous les tomes ...

 "Le pays des grottes sacrées"  1ere et 2e partie...

 

saga les enfants de la terre

saga les enfants de la terre

Quelque part en Europe, 35 000 ans avant notre ère.

Petite fille Cro-Magnon de cinq ans, Ayla est séparée de ses parents à la suite d'un violent tremblement de terre. Elle est recueillie par le clan de l'ours des cavernes, une tribu Neandertal qui l'adopte, non sans réticence, ayant reconnu en elle la représentante d'une autre espèce, plus évoluée.

Iza, la guérisseuse, Brun, le chef et Creb, le magicien lui enseignent les règles de la vie communautaire, leurs rites, leurs peurs, leurs audaces.

Mais Ayla, la fillette blonde aux yeux bleus les surprend par sa puissance de raisonnement qui lui permet de s'adapter, de réagir rapidement et de ne pas être totalement dépendante de son environnement. Une différence qui ne tarde pas à faire d'elle une menace pour tout le clan, et à attiser la convoitise de Brud, le fils du chef...

un début juste pour vous mettre en appétit, car je ne peux pas vous mettre le début de chaque livre qui pourrait vous dévoiler certaines choses ...

 

mais ça parle du périble de Ayla, qui va rechercher ses semblables , et vivre tout un tas d'aventures, faire des découvertes , faire de nouveaux apprentissages ....

 

de quoi vous occuper une partie de l'été si vous vous décidez à lire cette saga .... un sacré voyage dans le temps !!!

 

Je vous souhaite une très bonne journée et bientot pour d'autres idées de lecture ...

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 23:14

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour la suite des "hunger games", le tome 2 ...

 

       

  Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire.

Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem.

Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. À l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss…

                                                            *****************

Katniss reçoit la visite de Snow, le président de Panem : elle doit profiter de la tournée des vainqueurs pour apaiser le soulèvement que son acte de rébellion (à la fin des derniers jeux) a provoqué.

Sinon, tous ses proches seront exécutés.

Elle doit aussi épouser Peeta, afin de prouver qu’il ne s’agissait pas d’un défi jeté à la face du Capitole, mais d’un acte passionnel.

Voilà Katniss pieds et poings liés, entre un amoureux « officiel » qu’elle n’aime pas et un ami intime qui lui a déclaré sa flamme…

Quoi qu’il en soit, les jeux vont reprendre et, comme tous les 25 ans, il s’agit d’une édition spéciale d’expiation, la forme la plus cruelle des Hunger Games. Le Capitole ne laissera pas passer cette occasion de faire éclater sa vengeance...

                                     -affiche du film-

 

Voilà un 2e tome que je viens de finir, et qui m'a donné envie de lire le 3e .... J'ai adoré !!!!

 

Je ne sais pas si je vous aurai donné envie de lire cette suite,

 

je vous met un extrait du livre ...

Je serre la flasque au creux de mes mains, même si la chaleur du thé s'est dissipée depuis longtemps dans l'air glacé. J'ai les muscles raidis par le froid. Si une meute de chiens sauvages me tombait dessus en cet instant, il y aurait peu de chances que je réussisse à grimper à temps dans un arbre. Je ferais mieux de me lever, de marcher un peu, de me dégourdir les jambes. Mais je reste immobile, assise sur cette pierre, face à l'aube qui éclaire peu à peu la forêt. On ne peut pas lutter contre le cycle du soleil. Je me contente de l'observer, impuissante, tandis qu'il me précipite dans une journée que j'appréhende depuis des mois.

À il, son instinct pour deviner avec précision le passage du gibier. C'est plus que de l'expérience. Il a un véritable don. Comme celui qui me permet d'abattre mes proies d'une seule flèche, dans une obscurité quasi complète. midi, tout le monde débarquera chez moi, au Village des vainqueurs. Journalistes et cameramen seront venus en force du Capitole. Il y aura même Effie Trinket, mon ancienne hôtesse. Je me demande si elle aura toujours la même perruque rose, ou si elle aura choisi une autre couleur tout aussi ridicule pour notre Tournée de la victoire. De nombreuses personnes m'attendront également : du personnel qui sera aux petits soins pendant toute la durée du voyage, une équipe de préparation pour me pomponner lors de mes apparitions publiques ; et mon styliste et ami, Cinna, le créateur de ces tenues à couper le souffle qui m'ont tout de suite valu l'attention du public dans les Hunger Games.

Si cela ne tenait qu'à moi, j'essaierais d'oublier complètement les Jeux. Je n'en parlerais plus jamais. Comme si tout cela n'avait été qu'un mauvais rêve. Mais c'est impossible, à cause de la Tournée de la victoire, qui se déroule, traditionnellement, à mi-chemin entre deux éditions des Jeux. C'est une manière pour le Capitole de raviver et d'alimenter l'horreur des Hunger Games au sein des districts. Non seulement ils se rappellent à nous chaque année, mais on nous oblige en plus à célébrer l'événement. Et cette fois-ci, je suis la reine de la fête. Je vais devoir voyager d'un district à l'autre, recevoir les acclamations des foules secrètement hostiles, contempler le visage des familles dont j'ai tué les enfants...

Comme le soleil persiste à monter dans le ciel, je décide de me lever enfin. Toutes mes articulations protestent. Ma jambe gauche est restée engourdie si longtemps que la circulation sanguine met plusieurs minutes à se rétablir. Je suis dans les bois depuis trois heures, mais faute d'avoir vraiment chassé, je risque de rentrer bredouille. Cela n'a plus d'importance pour ma mère ni pour ma petite sœur, Prim. Elles ont les moyens d'acheter de la viande chez le boucher, à présent, même si nous aimons toujours autant le gibier. Mais mon ami Gale Hawthorne et sa famille ont besoin de se nourrir. Pas question de les laisser tomber. J'entame le circuit d'une demi-heure le long de notre ligne de collets. Quand nous étions à l'école, nous consacrions nos après-midi à chasser, à relever nos pièges et à cueillir des fruits ; et il nous restait encore assez de temps pour rentrer faire un peu de troc en ville. Mais maintenant que Gale travaille dans les mines de charbon, et que je n'ai rien d'autre à faire de mes journées, je m'en charge seule.

À cette heure-ci, Gale a sans doute déjà pointé à la mine. Après être descendu dans les profondeurs de la terre à bord d'un ascenseur vertigineux, il doit piocher dans une veine de charbon. Je sais à quoi ressemble une journée, là-dessous. Chaque année, avec l'école, notre classe venait visiter les mines. Gamine, je trouvais ça désagréable, sans plus : les galeries suffocantes, l'air rance, l'obscurité poisseuse... Mais, après la mort de mon père et de plusieurs autres mineurs dans un coup de grisou, je ne voulais même plus monter dans l'ascenseur. La visite annuelle devenait une source d'anxiété abominable. Deux fois, je me suis rendue malade au point que ma mère m'a gardée à la maison, persuadée que j'avais attrapé la grippe.

Je pense à Gale, qui n'est heureux que dans la forêt, avec de l'air frais, du soleil et de l'eau pure. Je ne sais pas comment il fait pour tenir le coup. Enfin... si, je sais. Il serre les dents, parce que c'est la seule manière de nourrir sa mère, ses deux jeunes frères et sa petite sœur. Dire qu'aujourd'hui j'ai de l'argent à la pelle, largement de quoi faire vivre nos deux familles, et qu'il refuse la moindre pièce ! Il rechigne même à accepter la viande que je leur apporte. Pourtant, il aurait sûrement subvenu aux besoins de ma mère et de Prim, si j'étais morte au cours des Jeux. Je lui raconte que je fais ça pour moi, que je deviendrais cinglée à rester assise toute la journée sans rien faire. Néanmoins, je m'arrange toujours pour passer déposer le gibier en son absence. Ce qui n'est pas bien difficile vu qu'il travaille douze heures par jour.

Je ne le vois que les dimanches, quand nous nous retrouvons dans la forêt pour chasser ensemble. Ça reste pour moi le meilleur jour de la semaine, même si ce n'est plus comme avant, à l'époque où on se disait tout. Même ça, les Jeux l'ont gâché. J'espère qu'avec le temps on pourra retrouver notre complicité d'autrefois, mais, au fond de moi, je sais bien que ça n'arrivera pas. On ne revient jamais en arrière.

Ma tournée des collets est fructueuse : je ramasse huit lapins, deux écureuils, et un castor qui s'est empêtré dans une nasse en fil de fer confectionnée par Gale. Gale est le roi des pièges. Il les accroche à des branches repliées qui, quand elles se détendent, hissent le gibier hors de portée des prédateurs ; il sait disposer des rondins en équilibre sur des baguettes fragiles qui se brisent au moindre frôlement, ou tisser des paniers sans issue dans lesquels les poissons viennent se prendre. Je relève les pièges l'un après l'autre, en les retendant avec soin. Je sais que je n'aurai jamais son œil, son instinct pour deviner avec précision le passage du gibier. C'est plus que de l'expérience. Il a un véritable don. Comme celui qui me permet d'abattre mes proies d'une seule flèche, dans une obscurité quasi complète.

Le temps que je regagne le grillage qui entoure le district Douze, le soleil est déjà haut. Comme toujours, je prends un moment pour écouter, mais on n'entend aucun bourdonnement électrique dans les maillons. Ce n'est pratiquement jamais le cas, même si le grillage est censé rester sous tension en permanence. Je me faufile par-dessous et je me retrouve dans le Pré, à quelques pas de mon ancienne maison. Nous avons pu la conserver, car, officiellement, c'est toujours là qu'habitent ma mère et ma sœur. Si je mourais aujourd'hui, elles seraient obligées d'y retourner. Mais pour l'instant elles profitent de ma nouvelle maison au Village des vainqueurs, et je suis la seule à me servir de cette minuscule bicoque où j'ai grandi. Il n'y a que là que je me sente vraiment chez moi

Je m'y rends pour me changer. Troquer le vieux blouson en cuir de mon père contre une veste de laine fine un peu trop serrée aux entournures. Enlever mes bottes de chasse assouplies par les ans pour enfiler une coûteuse paire de chaussures, que ma mère juge plus appropriée à mon statut. J'ai déjà caché mon arc et mes flèches dans un tronc creux de la forêt. Bien que je ne sois pas en avance, je m'attarde quelques minutes dans la cuisine. Avec son poêle éteint et sa table sans nappe, l'endroit a l'air abandonné. Je regrette un peu notre ancienne vie. Nous avions du mal à joindre les deux bouts, mais au moins je savais qui j'étais, je me sentais à ma place. Avec le recul, j'étais beaucoup plus en sécurité qu'aujourd'hui, où je suis riche, célèbre et haïe par les autorités du Capitole.

Un miaulement à la porte de derrière me fait sursauter. Je vais ouvrir à Buttercup, le vieux matou de Prim. Il déteste presque autant que moi notre nouvelle maison. Dès que ma sœur part à l'école, il en profite pour se sauver. Nous qui n'avons jamais été fous l'un de l'autre, voilà qui nous rapproche. Je le laisse entrer, je lui tends un bout de lard de castor, je le caresse même un moment entre les oreilles.

— Tu es vraiment vilain, tu sais ? dis-je. (Buttercup quémande encore quelques caresses, mais il faut qu'on parte.) Allez, amène-toi. Je l'attrape sous le ventre, saisis ma gibecière et sors de la maison. Le chat m'échappe et disparaît sous un buisson. Mes chaussures me font mal aux pieds tandis que je m'éloigne le long de la rue charbonneuse. En coupant par les ruelles et les arrière-cours, j'arrive chez Gale en quelques minutes. Sa mère, Hazelle, m'aperçoit par la fenêtre. Elle est penchée au-dessus de l'évier de la cuisine. Elle s'essuie les mains sur son tablier et vient m'ouvrir la porte.

J'aime bien Hazelle. J'ai du respect pour elle. Le coup de grisou qui a emporté mon père a également tué son mari, la laissant seule avec trois garçons et une petite fille à naître. Moins d'une semaine après son accouchement, elle était dehors à chercher du travail. Hors de question qu'elle aille à la mine avec un bébé. Elle a convaincu certains commerçants fortunés de lui confier leur lessive. À quatorze ans, Gale, l'aîné de ses fils, est devenu le principal soutien de la famille. Il avait pris des tesserae, qui leur rapportaient un peu de blé et d'huile en échange d'inscriptions supplémentaires au tirage au sort de la Moisson. Sans compter qu'à l'époque c'était déjà un excellent chasseur. Mais tout ça n'aurait pas suffi à faire vivre une famille de cinq personnes si Hazelle n'avait pas résolu de s'user les doigts jusqu'à l'os sur sa planche à laver. En hiver, ses mains devenaient tellement rouges et gercées qu'elles saignaient à la moindre occasion. Ce serait encore le cas, d'ailleurs, sans la pommade que lui prépare ma mère. Hazelle et Gale se sont juré que les enfants – Rory, douze ans, Vick, dix ans, et la petite Posy de quatre ans – ne prendraient jamais aucun tessera.

Hazelle sourit devant mon tableau de chasse. Elle empoigne le castor par la queue.

— Ça va faire un bon ragoût. Contrairement à Gale, notre arrangement ne lui pose aucun problème.

— Et la fourrure est intacte, dis-je. Je trouve agréable de me trouver là avec Hazelle. De discuter des qualités de mon gibier, comme nous l'avons toujours fait. Elle me sert un bol de tisane brûlante, sur lequel je réchauffe avec reconnaissance mes doigts gelés.

— Vous savez, à mon retour de Tournée, je me disais que je pourrais emmener Rory avec moi quelquefois. Après l'école. Pour lui apprendre à tirer. Hazelle hoche la tête.

— Ce serait bien. Gale avait l'intention de le faire, mais il n'a que ses dimanches et je crois qu'il préfere te les réserver.

 

Je ne peux m'empêcher de rougir. C'est absurde, bien sûr. Hazelle me connaît mieux que personne. Elle sait parfaitement ce que je partage avec Gale. Je suis sûre que tout le monde nous imaginait déjà mariés, lui et moi, même si l'idée ne m'avait jamais effleurée. Mais c'était avant les Jeux. Avant que mon partenaire, Peeta Mellark, annonce qu'il était fou de moi. Notre relation est devenue un élément-clé de notre stratégie de survie dans l'arène. Sauf qu'il ne s'agissait pas uniquement de stratégie pour Peeta. En ce qui me concerne, c'est plus compliqué. Je sais seulement que Gale a eu du mal à encaisser la nouvelle. À l'idée que, pendant la Tournée de la victoire, Peeta et moi allons devoir recommencer à jouer les amoureux, j'ai la gorge qui se noue.

Je termine ma tisane et me lève de table.

— Je ferais mieux d'y aller. Je dois encore me faire belle pour les caméras. Hazelle me serre dans ses bras.

— Profite de la nourriture.

— Comptez sur moi.

 

Mon étape suivante est la Plaque, où j'avais l'habitude de revendre le gros de ma récolte. C'est un ancien entrepôt de charbon désaffecté depuis des années. Toutes sortes de commerces illégaux y ont fleuri, donnant naissance à un véritable marché noir. Vu les malfrats qu'il attire, l'endroit est fait pour moi : le braconnage aux alentours du district Douze est passible de la peine de mort.

Bien qu'on ne m'en parle jamais, j'ai une dette envers les habitués de la Plaque. Gale m'a raconté que Sae Boui-boui, la vieille marchande de soupe, a lancé une collecte pour nous aider Peeta et moi pendant les Jeux. Au départ, ça devait concerner seulement la Plaque, puis beaucoup de gens en ont entendu parler et ont tenu à apporter leur contribution. J'ignore combien elle a récolté exactement, mais je sais que, dans l'arène, le moindre don atteint un prix exorbitant. C'est donc en partie grâce à elle que j'ai réussi à survivre.

J'éprouve toujours une curieuse sensation à pousser la porte de l'entrepôt avec une gibecière vide, sans rien à négocier, et le poids de ma bourse pleine contre ma hanche. J'essaie de m'arrêter à tous les stands, de répartir mes achats de café, de petits pains, d'œufs, de fil ou d'huile. Dans la foulée, j'achète aussi trois bouteilles d'alcool blanc à une manchote du nom de Ripper, une victime d'un accident de mine qui a eu la jugeote de se reconvertir dans le commerce.

L'alcool n'est pas pour ma famille, mais pour Haymitch, qui nous a servi de mentor à Peeta et à moi au cours des Jeux. Il est acariâtre, brutal et, la plupart du temps, soûl comme un cochon. Mais il a tenu son rôle – et même mieux que ça –, car pour la première fois de l'histoire deux tributs ont pu gagner. Alors peu importe son caractère, j'ai une dette envers lui également, et pour toujours. Je pense à lui parce que, il y a quelques semaines, il est tombé à court d'alcool et n'a pu s'en procurer nulle part. Je l'ai vu en manque. Il tremblait, il hurlait de terreur devant des monstres invisibles. Il a flanqué la frousse à Prim et, franchement, ce n'était pas drôle pour moi non plus de le découvrir dans cet état. Alors, depuis, je me constitue une petite réserve en prévision de la prochaine pénurie.

Cray, notre chef des Pacificateurs, fronce les sourcils en me voyant avec mes bouteilles. C'est un homme entre deux âges, avec quelques mèches grisonnantes plaquées sur le côté de son visage rougeaud.

— Ce truc est trop fort pour toi, petite. Il sait de quoi il parle. Hormis Haymitch, Cray est le pire ivrogne que je connaisse.

— Oh, c'est pour ma mère, dis-je avec indifférence. Pour ses remèdes.

— C'est sûr que ce truc t'élimine n'importe quel microbe, admet-il, avant de poser à son tour une pièce sur l'étal.

En arrivant au stand de Sae Boui-boui, je me hisse sur le comptoir et lui commande un bol de soupe. On dirait un mélange de courge et de fayots. Un Pacificateur du nom de Darius vient s'en acheter un bol lui aussi, pendant que je mange. Il est l'un de mes préférés. Pas le genre à rouler des mécaniques, toujours prêt à plaisanter. Il doit avoir une vingtaine d'années mais ne paraît pas vraiment plus vieux que moi. Un je-ne-sais-quoi, dans son sourire, dans ses cheveux roux en bataille, lui donne une allure presque enfantine.

— Tu n'as pas un train à prendre ? me demande-t-il.

— Si. On passe me chercher à midi.

— Tu vas vraiment y aller comme ça ? Sans rien, sans même un ruban dans tes cheveux ?

Il donne une pichenette sur ma natte. Je repousse sa main avec un sourire.

— Ne vous en faites pas. Quand ils en auront fini avec moi, je serai méconnaissable.

— Bien, approuve-t-il. Pas question de faire honte au district, mademoiselle Everdeen. D'accord ? Il secoue la tête avec une commisération feinte, puis part rejoindre ses amis.

— Vous penserez à me rapporter ce bol, lui lance Sae Boui-boui en rigolant. Elle se tourne vers moi.

— Gale t'accompagne à la gare ?

— Non, il ne figure pas sur la liste. Mais je l'ai vu dimanche.

— Tiens ? Je croyais qu'on l'aurait inscrit automatiquement. Vu que c'est ton cousin, me dit-elle avec un clin d'œil.

Encore un mensonge concocté par le Capitole. Voyant Peeta et moi rester parmi les huit derniers dans les Hunger Games, des journalistes sont venus tourner un reportage sur nous. Quand ils ont voulu rencontrer mes amis, tout le monde les a adressés à Gale. Mais ça ne convenait pas, ça ne cadrait pas avec la comédie romantique que je jouais dans l'arène. Gale était trop beau, trop viril, nullement disposé à sourire ni à se montrer aimable devant la caméra. Cela dit, c'est vrai qu'on a un air de famille. On voit qu'on vient de la Veine, tous les deux. Les cheveux bruns et raides, le teint mat, les yeux gris. Alors, un petit malin a crié sur tous les toits que Gale était mon cousin. Je l'ai appris à mon retour, sur le quai de la gare, quand ma mère m'a dit : « Ton cousin est très impatient de te revoir ! » Et j'ai vu Gale, Hazelle et tous les enfants qui m'attendaient. Je n'ai pas eu d'autre choix que de jouer le jeu.

Sae Boui-boui sait que nous n'avons aucun lien de parenté, mais d'autres, qui nous connaissent pourtant depuis des années, semblent l'avoir oublié.

— Vivement que tout ça se termine, je murmure.

— Je te comprends, compatit Sae Boui-boui. Mais tu ne peux pas y échapper. Autant ne pas te mettre en retard...

Je ne sais pas si je vous ai donné envie de lire ce livre ....

 

je vous remets le lien du premier tome que j'avais lu ci-dessous ....

Je vous souhaite une bonne journée et à bientot pour de prochaines lectures ....

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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 23:39

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour vous parler de mes lectures ....

 

"Le secret des pierres" de Brigitte Varel

 

                    

Début du XXe siècle, au pied du massif de la Chartreuse.

Depuis des temps immémoriaux, une lignée de femmes se transmet des dons spéciaux qui sont exacerbés lorsque leur prénom commence par la lettre « M ».

Ainsi en est-il de Marie, une ravaudeuse, qui est initiée à la sorcellerie par sa grand-mère. Lorsque celle-ci est assassinée, Marie utilise ses pouvoirs pour la première fois en faisant périr le meurtrier sous les sabots d’un cheval. Mais une lettre, cachée dans la reliure d’un vieux grimoire, lui apprend que le don est une malédiction.

Effrayée, elle prénomme sa fille Jeanne.

Contrainte de cohabiter dans la ferme familiale avec sa bellesoeur, Marie comprend que celle-ci par jalousie a fait, contre elle, appel à un envoûteur.

Dans la guerre secrète qui s’engage entre les deux femmes, tous les coups sont permis. Quand Jeanne meurt en couches, Marie choisit le prénom du nouveau-né. Malgré la malédiction, l’enfant s’appellera Mathilde…

Je vous mets ci-dessous un extrait du début du livre ....

Juin 1659

La fièvre s'est communiquée à la foule venue de tous les comtés environnants ; masse de citoyens respectables et vertueux, excités par la perspective d'un châtiment public qui vient rompre la monotonie de leur vie quotidienne.

Les étroites ruelles de ce village de Franche-Comté sont noires de monde.

Les cloches sonnent un glas lugubre au-dessus d'une marée étrangement silencieuse qui se presse, piétine, envahit les maisons, débordant aux fenêtres ou grimpant jusque sur les toits. La pluie, qui tombait depuis deux jours, s'est enfin arrêtée.

La nature toilettée resplendit et le soleil reprend possession d'un ciel uni.

Sur la place Saint-Jean, les sergents ont incliné la pointe de leurs piques pour dégager un espace devant le portail de l'église.

Un peu avant midi, un cortège précédé d'une compagnie d'archers franchit la porte nord de l'enceinte. Viennent ensuite les confrères de la Croix, revêtus de leur funèbre cagoule et ceints d'une corde de chanvre où pend un chapelet. Ceux-ci sont suivis du maître de la haute justice et de plusieurs magistrats.

Derrière eux, les pieds nus et ensanglantés, se traîne une loque humaine, une femme aux yeux fous, le crâne rasé, la lèvre pendante, la respiration bloquée. On lui a passé une corde autour du cou. Enveloppant son corps maigre, les pans trop longs d'une chemise informe et sale traînent dans les dernières flaques boueuses. Elle ignore un grand diable de moine énervé qui l'exhorte au repentir. Le bourreau et ses valets ferment la marche.

Dès que la foule a aperçu la sorcière, une sourde clameur est montée vers le ciel limpide de juin.

Tous les regards sont fixés sur la condamnée ; on lui jette des pierres et des immondices, on l'injurie. Même ceux qui, en un temps, ont eu recours à sa magie. — Regardez ! Le signe ! Là, sur son crâne ! jette une commère à la vue perçante. — N'est-ce pas un H ? ajoute une autre qui a réussi à bousculer les gardes pour se rapprocher. — Non, un M ! C'est un M ! crie la première. — Ça veut dire quoi, sorcière ? hurlent plusieurs voix excitées. — M comme maudit ? — Comme Malin ! Avec qui elle fait commerce !

À travers les cris et la cohue, les femmes sont repoussées durement par les gardes, tandis que la procession fait halte devant l'église. Le bourreau pousse la malheureuse et la fait tomber à genoux. Elle reste ainsi, la tête basse, devant le curé qui lui impose un lourd cierge entre les mains et lui commande de demander pardon à Dieu pour ses crimes.

Dans un murmure indistinct, elle répète les paroles que lui souffle l'ecclésiastique, puis, relevant la tête, avoue, d'une voix étonnamment forte, presque fière, avoir vendu son âme à Satan, abjuré la Sainte Religion, assisté au sabbat et commis les sacrilèges les plus abominables.

La rumeur de la foule se mue en une protestation menaçante. Après quoi on lui présente un crucifix, qu'elle repousse, tout en refusant de prononcer en latin le confiteor. L'amende honorable ne sera pas dite. Sous les lazzis et les vociférations de la foule, le cortège reprend sa marche dans le même ordre et se dirige vers le lieu du supplice. Le peuple, avide de l'affreux spectacle, l'accompagne en braillant, couvrant le chœur des confrères de la Croix qui psalmodient.

Au champ du Jacquou se dresse le poteau, planté au centre d'un haut bûcher. Là, l'exécuteur et ses aides hissent la sorcière qui se débat et ne peut, durant un instant, dominer sa terreur. Ils la lient solidement au pieu, le visage tourné vers les magistrats impassibles. Accompagné de quolibets, le moine lui présente à nouveau le crucifix, mais dans un dernier sursaut de révolte, elle tourne la tête vers l'endroit où elle sait se tenir ses filles, et hurle, tandis qu'on tente de la faire taire : — Ma mort ne sera rien si vous me vengez, mes petites ! Nous sommes de la même race ! Nous avons le don ! Le don ! Utilisez-le contre ces ignares ! Rappelez-vous notre loi ! Rappelez-vous la lettre !

Un bref silence s'abat sur la foule possédée, que la condamnée met à profit pour ajouter d'une terrible voix rocailleuse, qui roule au-dessus des têtes figées, comme une malédiction : — Je vous prédis une descendance vengeresse ! Tous ces imbéciles ne comprennent rien ! Qu'ils soient maudits ! Nos générations futures leur démontreront notre force ! Je vous le promets !

Les cris et les huées explosent de nouveau, ponctués de poings levés et de gestes obscènes. — Qu'est-ce que c'est que cette histoire de lettre ? — Faisons leur sort à ses filles ! — Sus à ses rejetons !

À ces mots, dont elle sent tout le péril et qui font enfler le grondement sinistre, Marcelline ferme les yeux. On pourrait croire qu'elle refuse d'assister au mouvement malveillant qui ondule vers sa progéniture. Mais Marcelline n'a nul besoin de voir pour que la réalité s'imprime en elle ; un jeune homme pâle et déterminé faisant rempart de son corps à une jeune fille terrorisée et en pleurs, tandis qu'il en repousse violemment une autre, copie conforme de la première.

Marcelline sait qu'elle ne surestime pas l'amour et la force d'Eugène. Il sauvera au moins l'une de ses jumelles.

Là-bas, les mots du jeune homme, engloutis au milieu des grondements qui n'ont cessé de s'amplifier, atteignent sa conscience, bien que soufflés à voix basse. « Fuis ! l'entend-elle ordonner à Madeleine. Loin ! Le plus loin possible ! Oublie-nous. Que Dieu te garde ! » Et il sort une dague de sa redingote, la pointe en tous sens sur la marée humaine qui l'encercle et se rapproche. — Laissez ces jeunes filles ! hurle-t-il à la ronde. Dieu m'est témoin que je n'hésiterai pas une seconde à vous trouer la peau, bande de sauvages !

Derrière les paupières de Marcelline, dont les yeux clos irritent la foule, des images défilent. Peut-être la vision des lendemains à venir, qu'elle escompte effroyables. Ses lèvres desséchées s'étirent en un sourire figé.

La foule clame et brandit encore le poing, refusant au démon de s'octroyer un air de madone.

À cet instant, le bourreau passe un nœud coulant autour de son cou et, d'un mouvement sec, tire violemment en arrière.

Au même moment, les premières flammes s'élèvent. L'homme relâche la corde, et la tête de la suppliciée retombe en avant, inerte.

La multitude s'est subitement tue. On n'entend plus que la voix criarde du moine qui récite ses formules en aspergeant le bûcher d'eau bénite : « Exorciso te, creatura ignis... » Maintenant, tout s'enflamme. Les bûches crépitent, la fumée monte, enveloppant le corps que le feu a dénudé. La chaleur force les assistants à reculer, tandis qu'une atroce odeur de chair grillée s'impose sur la place, s'attarde sur la masse à présent perplexe.

Le mot « succube », prononcé à voix basse par le moine, affole plus d'une des commères, qui se signent et commencent à reculer. Il ne manquerait plus que le démon femelle revienne la nuit pour s'unir à leurs hommes.

Le poteau lui-même brûle comme une torche, longtemps, avant que tout ne s'écroule dans un grand jaillissement d'étincelles. Dès que le feu s'éteindra, le bourreau ramassera quatre pelletées de cendres et les dispersera vers chacun des points cardinaux. Des femmes fouilleront la poudre brûlante, à la recherche de dents ou de fragments d'os...

Eugène éponge son front moite et revient au centre de la pièce. Les coups ont cessé contre la porte et les volets clos, les cris ont décru dans sa rue. Mais ils ne sont pas sortis d'affaire pour autant. La populace ne lui pardonnera pas de s'être opposé à sa vindicte. Le goût pour le sang et le macabre de ses compatriotes a trouvé aujourd'hui matière à exulter, et il faudra plus que les heures à venir pour que ceux-ci recouvrent tout contrôle.

Le jeune homme jette un bref coup d'œil à sa montre de gousset, puis s'élance vers le lit aux rideaux ouverts d'où s'échappent des pleurs violents.

Mélina, couchée à plat ventre sur une courtepointe de laine, tressaute à chaque sanglot. Eugène s'émeut du spectacle éclairé par un vieux candélabre à deux branches.

La nuque dégage un long cou gracile et blanc, que le jeune homme ne peut s'empêcher d'effleurer de la main. D'abord timidement, tout frémissant de ce premier toucher – caresse ô combien imaginée lors de ses rêves les plus fous d'elle ! Et puis ses doigts se font plus lourds, plus précis. Protecteurs. Définition du sentiment qui l'envahit devant la détresse infinie de la jeune fille.

Sans n'avoir jamais échangé un mot avec elle, il avait aimé attendre ses passages dans la rue. Il l'avait suivie parfois, toujours accompagnée de sa jumelle, et l'avait découverte vive et enjouée.

Il avait croisé les regards effrontés et rieurs des deux sœurs, avait entendu leurs prénoms, et s'était amouraché de la plus frêle des deux. Il n'avait aucunement écouté les commérages, des ragots colportés sous le manteau, qui évoquaient le danger à les fréquenter de trop près. Il n'avait écouté que son cœur.

Aujourd'hui, il a risqué sa vie pour elle. Son geste lui apparaît comme un engagement total. Il évacue toute pensée qui définirait sa défense comme la pire idiotie de sa vie, face à la folie des hommes. Mais il a défendu la femme qu'il aime. En aucun cas, il ne laissera quiconque lui faire du mal.

il, tout chamboulé de prononcer pour la première fois, à voix haute, le nom de la jeune fille. Tant que je serai là, tu ne risqueras rien.

Elle crispe ses doigts sur le sac de toile qu'elle serre tout contre elle depuis le matin. « Sa fortune », se dit Eugène, attendri.

Enfin, les sanglots s'espacent, faute de larmes et de forces. À la douleur d'avoir vu brûler sa mère et à celle d'avoir perdu sa sœur dans la cohue criminelle s'ajoutent l'usure de l'attente et des craintes pour le procès, la révélation de la haine insoupçonnée d'un peuple apeuré.

Depuis des jours, elle et Madeleine étaient restées tapies dans leur maison, à l'abri de toute vindicte.

Avaient-elles été bien folles de vouloir assister aux adieux de leur mère.

Un gémissement à fendre le cœur la fait replonger dans son abattement.

Eugène entrevoit alors une tache sombre, asymétrique, de la grosseur d'un sou, à la base de l'implantation des cheveux. Troublé, il glisse un doigt timide à travers les racines afin de tâter le cuir chevelu... Son cœur se met à battre plus fort. — Mon Dieu, Mélina, chuchote-t-il, ce signe, là... Est-ce le... signe qu'on a vu sur ta mère ?

Deux mains viennent prestement se croiser sur la nuque pour cacher la marque. Puis Mélina se retourne vers Eugène et le fixe, sans rien dire, de ses prunelles mouillées, le souffle court. Il a la certitude qu'elle devine ce qu'il pense.

Le silence entre eux s'éternise. Que voit Eugène dans ce regard pénétrant, d'où jaillit un éclair, un scintillement étrange ?... Ne dirait-on pas comme un éclat de diamant au centre de la pupille ?

Une étincelle qui irradie le brun de l'iris jusqu'à le dorer et qui, de près, lui donne un regard de fauve...

Que perçoit-il du message que Mélina lui transmet, à travers son mutisme ? « Une sorcière... », ne peut-il s'empêcher de penser, assailli de sentiments divergents. Il détourne son regard pour masquer son embarras, et s'écarte pour se diriger vers la porte du fond qui donne sur un étroit couloir. Avant de l'ouvrir et de la franchir, il se retourne vers elle et pose un doigt en travers de ses lèvres. Il a besoin d'une courte pause. C'est cela, d'un instant de répit. Histoire de retrouver tout son bon sens.

Le silence règne dans l'immeuble, il s'avance vers l'escalier aux marches usées qui mène à l'étage, chez ses logeurs, le père et la mère Martin qui – rares sont ceux qui n'ont pas suivi les imprécations de la foule – sont restés chez eux. Il gratte à leur porte.

Une tête chenue lui ouvre, une main le tire vivement à l'intérieur. — Ils viennent de mettre le feu à sa maison ! Regardez !

Eugène s'approche de la fenêtre ouverte pour assister au châtiment ultime; après sa mort, la disparition des biens de Marcelline Potier.

L'air est empli de minuscules particules noires et charrie une âcre odeur de brûlé.

Eugène regarde d'un œil morne les flammes, à deux rues d'ici, qui lèchent déjà le toit de l'habitation et se dressent vers les cieux, doigts de feu dansant la gigue à travers une épaisse fumée noire, faisant encourir grand danger aux maisons voisines. — Ils ont perdu tout entendement, dit le vieil homme en secouant la tête. Pourtant, parmi eux, il y en a qui l'ont souvent sollicitée, la sorcière. — Ce sont ceux-là, les pires, acquiesce lentement son épouse. Et s'ils mettent la main sur les petites... c'en est fini d'elles.

Des cris et des exclamations fusent, entre villageois avides de représailles et sauveteurs qui se précipitent.

La rue est le théâtre d'une seconde immolation à la démence humaine. Eugène sait que son temps est compté dans le village, puisqu'il a pris la décision de ne pas abandonner Mélina et que sa survie dépend de leur fuite. — Monsieur Eugène ! Vous ne deviez partir qu'au printemps prochain ! — J'ai une proposition chez Maître Tournier, à Besançon.

Les Martin sont pris au dépourvu. Ils aiment bien cet étudiant discret et serviable. Quand Eugène les quitte, après avoir réglé son loyer, ils ne le soupçonnent pas d'attendre la faveur de la nuit pour s'éloigner du village. Les pas du jeune homme leur semblent juste plus lourds que d'habitude dans l'escalier de bois.

Tout en descendant les marches, ce dernier se passe les mains sur le visage. S'il craint encore, pour Mélina, une pendaison ou une lapidation sauvage, il n'ose penser à ce qu'il a pu advenir de Madeleine qu'il a abandonnée, encerclée de loups sanguinaires.

 

                                     

C'est une histoire qui se déroule sur plusieurs générations de femmes ,

un livre ou la sorcellerie est héréditaire, on se transmet la magie de M en M,

on y retrouve la rivalité féminine, de la romance, des histoires de familles comme il y en avait dans nos campagnes,

 

bref !!! encore un livre que  j'ai bien aimé ....

 

Je vous souhaite une très bonne lecture et à bientot !!

 

 

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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 23:31

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour vous parler du dernier livre que j'ai lu,

 

celui-ci m'a été offert à noel par mon fils .....

 

"Hunger Games" de Suzanne Collins

 

 

Résumé de l'histoire ...

 

Dans chaque district de Panem, une société reconstruite sur les ruines des États-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Hunger Games.

La règle est simple : tuer ou se faire tuer.

Celui qui remporte l’épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an.

Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé…

Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l’antenne.

La jeune fille avoue elle-aussi son amour.

Calcul ? Idylle qui se conclura par la mort d’un des amants ? Un suicide ? Tout est possible, et surtout, tout est faussé au sein des Hunger Games…

 

 

Avis de la fnac ...

 Les lecteurs de Hunger Games, se sont beaucoup attachés et identifiés à son héroïne, qui tente de survivre dans un monde où chaque année, le Capitol sélectionne deux tributs dans chacun des douze districts pour les obliger à participer aux Hunger Games.

Au cours de ces jeux du cirque modernes, les vingt-quatre candidats sont enfermés dans une arène où ils doivent survivre par leurs propres moyens et s'entretuer.

Un seul des participants survivra. Dans le district douze, Katniss braconne pour permettre à sa mère et à sa sœur de survivre. Quand sa sœur est tirée au sort, Katniss se porte volontaire à sa place pour la protéger.

Malheureusement pour elle, le tribut masculin de son district est un garçon qui l'a aidée autrefois. Pour Katniss, le tuer est impensable. Elle n'a plus qu'à prier pour qu'ils ne soient pas les deux derniers survivants forcés de s'affronter dans un duel à mort.

 

J'ai adoré !!! d'ailleurs je me suis achetée le tome 2 que je lirai plus tard,

car entre temps je lis autre chose d'un genre totalement différent , mais ce sera pour un prochain article .....

 

c'est un livre qui se lit très facilement ...

 

Je vous mets un extrait du début du livre pour ceux ou celles d'entres-vous qui serait tenté(e)s ....

À mon réveil, l'autre côté du lit est tout froid. Je tâtonne, je cherche la chaleur de Prim, mais je n'attrape que la grosse toile du matelas. Elle a dû faire un mauvais rêve et grimper dans le lit de maman. Normal : c'est le jour de la Moisson. Je me redresse sur un coude. Il y a suffisamment de lumière dans la chambre à coucher pour que je les voie. Ma petite sœur Prim, pelotonnée contre ma mère, leurs joues collées l'une à l'autre.

Dans son sommeil, maman paraît plus jeune, moins usée. Le visage de Prim est frais comme la rosée, aussi adorable que la primevère qui lui donne son nom. Ma mère aussi était très belle, autrefois. À ce qu'on dit. Couché sur les genoux de Prim, protecteur, se tient le chat le plus laid du monde. Il a le nez aplati, il lui manque la moitié d'une oreille et ses yeux sont couleur de vieille courge. Prim a insisté pour le baptiser Buttercup – Bouton-d'Or –, sous prétexte que son poil jaunâtre lui rappelait cette fleur. Il me déteste. En tout cas, il ne me fait pas confiance. Même si ça remonte à plusieurs années, je crois qu'il n'a pas oublié que j'ai tenté de le noyer quand Prim l'a rapporté à la maison. Un chaton famélique, au ventre ballonné, infesté de puces. Je n'avais vraiment pas besoin d'une bouche de plus à nourrir. Mais Prim a tellement supplié, pleuré, que j'ai dû céder. Il n'a pas si mal grandi. Ma mère l'a débarrassé de sa vermine, et c'est un excellent chasseur. Il lui arrive même de nous faire cadeau d'un rat. Parfois, quand je vide une prise, je jette les entrailles à Buttercup. Il a cessé de cracher dans ma direction. Des entrailles. Pas de crachats. C'est le grand amour.

Je balance mes jambes hors du lit et me glisse dans mes bottes de chasse. Le cuir souple épouse la forme de mes pieds. J'enfile un pantalon, une chemise, je fourre ma longue natte brune dans une casquette et j'attrape ma gibecière. Sur la table, sous un bol en bois qui le protège des rats affamés et des chats, m'attend un très joli petit fromage de chèvre, enveloppé dans des feuilles de basilic. C'est mon cadeau de la part de Prim pour le jour de la Moisson. Je le range dans ma poche en me glissant dehors. À cette heure de la matinée, notre quartier du district Douze, surnommé la Veine, grouille généralement de mineurs en chemin pour le travail. Des hommes et des femmes aux épaules voûtées, aux phalanges gonflées, dont la plupart ont renoncé depuis longtemps à gratter la poussière de charbon incrustée sous leurs ongles ou dans les sillons de leurs visages. Mais, aujourd'hui, les rues cendreuses sont désertes, les maisons grises ont les volets clos.

La Moisson ne commence pas avant deux heures. Autant dormir jusque-là pour ceux qui le peuvent. Notre maison se trouve presque à la limite de la Veine. Je n'ai que quelques porches à passer pour atteindre le terrain vague qu'on appelle le Pré. Un haut grillage surmonté de barbelés le sépare de la forêt. Il encercle entièrement le district Douze. En théorie, il est électrifié vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour éloigner les prédateurs – les meutes de chiens sauvages, les pumas solitaires, les ours – qui menaçaient nos rues, autrefois. Mais, comme on peut s'estimer heureux quand on a deux ou trois heures d'électricité dans la soirée, on le touche généralement sans danger. Malgré ça, je prends toujours le temps de m'assurer de l'absence de bourdonnement révélateur. Pour l'instant, le grillage est plus silencieux qu'une pierre.

Dissimulée par un buisson, je me couche sur le ventre et rampe à travers une déchirure de soixante centimètres, que j'ai repérée il y a des années. Il existe d'autres entailles dans le grillage, mais celle-ci est la plus proche de chez nous, et c'est presque toujours par là que je me faufile dans les bois. Une fois sous les arbres, je récupère mon arc et mon carquois dans un tronc creux. Électrifié ou non, le grillage tient les carnassiers à distance du district Douze. Dans la forêt, en revanche, ils abondent, et leur menace s'ajoute à celle des serpents venimeux, des animaux enragés ainsi qu'à l'absence de sentiers. Mais on y trouve aussi de la nourriture, si on sait où chercher.

Mon père savait, et il me l'a appris avant d'être pulvérisé par un coup de grisou. Il ne restait plus rien à enterrer. J'avais onze ans à l'époque. Cinq ans après, je me réveille encore en lui criant de s'enfuir. Même si pénétrer dans les bois est illégal et que le braconnage est puni de la façon la plus sévère, nous serions davantage à prendre le risque si les gens possédaient des armes. Mais la plupart n'ont pas le courage de s'aventurer à l'extérieur rien qu'avec un couteau. Mon arc, confectionné par mon père, comme quelques autres que je dissimule dans les bois, soigneusement enveloppés dans de la toile imperméable, est une rareté. Mon père aurait pu en tirer un très bon prix, mais, si les autorités l'avaient découvert, on l'aurait exécuté en public pour incitation à la rébellion.

En règle générale, les Pacificateurs ferment les yeux sur nos petites expéditions de chasse parce qu'ils apprécient la viande fraîche autant que les autres. En fait, ils comptent parmi nos meilleurs clients. Cependant ils n'auraient pas toléré que l'on puisse armer la Veine. En automne, quelques courageux se hasardent dans les bois pour cueillir des pommes. Mais toujours en vue du Pré. Toujours suffisamment près pour regagner au pas de course la sécurité du district Douze en cas de mauvaise rencontre.

— Le district Douze : on y meurt de faim en toute sécurité, je grommelle. Puis je jette un rapide coup d'œil autour de moi. Même ici, au milieu de nulle part, on s'inquiète constamment à l'idée que quelqu'un nous entende. Quand j'étais plus petite, je terrorisais ma mère par mes propos sur le district Douze, sur les gens qui dirigent nos vies depuis le Capitole, la lointaine capitale de ce pays, Panem. J'ai fini par comprendre que cela ne nous attirerait que des ennuis. J'ai appris à tenir ma langue, à montrer en permanence un masque d'indifférence afin que personne ne puisse jamais deviner mes pensées. À travailler en silence à l'école. À me limiter aux banalités d'usage sur le marché, à ne discuter affaires qu'à la Plaque, le marché noir d'où je tire l'essentiel de mes revenus. Même à la maison, où je suis moins aimable, j'évite d'aborder les sujets sensibles. Comme la Moisson, la disette ou les Hunger Games – les Jeux de la faim. Prim risquerait de répéter mes paroles, et nous serions dans de beaux draps.

Dans la forêt m'attend la seule personne avec laquelle je peux être moi-même. Gale. Les muscles de mon visage se détendent, et je presse le pas en grimpant la colline vers notre point de rendez-vous, une corniche rocheuse surplombant une vallée. D'épais buissons de mûres la mettent à l'abri des yeux indiscrets. En découvrant Gale, je souris. Gale prétend que je ne souris jamais, sauf dans la forêt. — Salut, Catnip, me dit-il. En réalité je m'appelle Katniss – le nom indien du Sagittaire –, seulement, à notre première rencontre, je l'ai dit trop bas. Il a cru entendre Catnip – herbe aux chats. Et puis, un cinglé de lynx s'est mis à me suivre dans la forêt pour récupérer les restes, et le surnom est devenu officiel. Plus tard, j'ai dû abattre le lynx, qui faisait fuir le gibier. Je l'ai un peu regretté, car sa compagnie n'était pas désagréable ; mais j'ai quand même négocié sa fourrure un bon prix. — Regarde ce que j'ai tiré ! triomphe Gale en brandissant une miche de pain traversée par une flèche. Je ris. C'est du vrai pain de boulanger, pas l'un de ces pains plats et trop denses que nous préparons avec nos rations de blé.

Je le prends, je retire la flèche et j'approche la croûte de mon nez afin de humer l'odeur qui s'échappe du trou. J'en ai tout de suite l'eau à la bouche. Du bon pain comme ça, c'est pour les occasions spéciales. — Miam, encore chaud, dis-je. (Il a dû se rendre à la boulangerie à l'aurore.) Qu'est-ce que ça t'a coûté ? — Juste un écureuil. J'ai eu l'impression que le vieux était d'humeur sentimentale, ce matin, ajoute Gale. Il m'a même souhaité bonne chance. — Oh, on se sent tous plus proches les uns des autres aujourd'hui, non ? dis-je sans même me donner la peine de lever les yeux au ciel. Prim nous a laissé un fromage. Je le sors de ma poche. Le visage de Gale s'illumine quand il le découvre. — Hé, merci, Prim ! On va se régaler. (Il prend soudain l'accent du Capitole pour imiter Effie Trinket, l'irréductible optimiste qui vient chaque année lire à haute voix les noms pour la Moisson.) J'allais presque oublier ! Joyeux Hunger Games ! (Il rafle quelques mûres sur un buisson voisin.) Et puisse le sort... Il lance une mûre dans ma direction. Je la rattrape au vol et la crève entre mes dents. Son acidité sucrée m'explose sur la langue. — ... vous être favorable ! dis-je avec une verve identique. Nous préférons en rire plutôt qu'avoir une frousse de tous les diables. Et puis, l'accent du Capitole est si outré que la moindre phrase devient comique avec lui.

Je regarde Gale sortir son couteau et découper des tranches. Il pourrait être mon frère. Mêmes cheveux bruns et raides, même teint olivâtre et mêmes yeux gris. Pourtant nous ne sommes pas apparentés, du moins pas directement. La plupart des familles qui travaillent à la mine se ressemblent plus ou moins. C'est pourquoi maman et Prim, avec leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus, ont toujours paru déplacées. Elles le sont. Les parents de notre mère appartenaient à cette classe de petits commerçants qui fournit les représentants de l'autorité, les Pacificateurs et quelques clients issus de la Veine. Ils tenaient une pharmacie dans le meilleur quartier du district Douze. Comme personne ou presque n'a les moyens de s'offrir un médecin, ce sont les pharmaciens qui nous soignent. Mon père a connu ma mère parce que, au cours de ses chasses, il ramassait parfois des herbes médicinales, qu'il venait vendre à sa boutique. Elle devait être très amoureuse pour quitter son foyer et venir s'installer dans la Veine. Je m'efforce de m'en souvenir quand je vois la femme qu'elle est devenue, apathique et indifférente, pendant que ses filles mouraient de faim sous ses yeux. Je tente de lui pardonner, au nom de mon père. Mais, en toute franchise, le pardon n'est pas une chose qui me vient facilement.

 

                    

                                       -affiche du film-

 

 

Je vous souhaite une très bonne journée, et à bientot pour d'autres lectures ....

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 00:26

Bonjour à tous et à toutes,

 

me revoilà pour vous parler du dernier livre que j'ai lu .....

            

 

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable.

Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune.

C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan... Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose.

Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite.

Refusant les honneurs et les prébendes (revenus,profits), indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme...

                           

Un extrait du livre ....

« Un aristocrate conseille un autre : “Les caries sont dues à des vers dentaires qu’il faut tuer avec des emplâtres de poudre de corne de cerf mélangée à du miel.” Et ils trinquent en buvant une eau-de-vie de fenouil, demandent à Montespan : “Qu’en pensez-vous ?” Cravate fatiguée en dentelle, justaucorps râpé et chausses à tuyaux d’orgues avachies, Louis-Henri, sous les lambris d’or, tourne sa veste sale. Il ne se sent pas à l’aise parmi ces gens avec qui il faut toujours avoir la bouche ouverte pour rire ou parler. Il reconnaît devant lui, tirée en arrière et maintenue par un cerceau, la coiffure caractéristique d’Athénaïs retombant de chaque côté de la nuque. Derrière son dos, il la prend par la taille et se penche à son oreille, elle se retourne. Ce n’est pas Athénaïs mais une inconnue coiffée comme elle. Il demande excuse : “Oh, veuillez me pardonner, je croyais que...” et s’aperçoit que beaucoup de femmes de l’assemblée ont adopté la coiffure à la hurluberlu de son épouse. »

J'ai beaucoup aimé ce livre, des propos un peu crus par moment, qui m'ont surpris au début que je lisais le livre, mais on s'y fait ....

 

et pour un roman historique il est très facile à lire, je n'ai pas eu l'impression d'ouvrir un livre d'histoire ... comme ça m'est déjà arrivé  !!!

 

ça nous change de la version édulcorée que l'on peut voir dans les films, là c'est un peu l'envers du décor .... vu par l'époux de "la Montespan" favorite du roi ...

j'espère que je vous aurai donné envie de lire ce livre, un de mes cadeaux de noël, offert par la compagne de mon fils ...

 

                      

 

je vous souhaite une très bonne journée !!

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:39

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour un nouveau livre ...

 

celui-ci est particulier, il s'agit de contes revisités ...

 

Contes pour faire peur" de Maura McHugh

 Plusieurs fois récompensée pour ses ouvrages de science-fiction, Maura McHugh propose une nouvelle interprétation des contes de fées traditionnels sous leurs aspects les plus sombres.

Ce recueil de contes revisités rassemble donc 20 histoires, certaines très célèbres, comme Blanche-Neige, Raiponce ou la Belle et la Bête, d'autres moins connues, mais tout aussi passionnantes. pour peu que l'on aime les frissons et le suspense !

De sinistres personnages animés par de sombres desseins peuplent ces histoires qui font froid dans le dos. Impossible de lâcher ce livre avant d'en avoir refermé la dernière page. Âmes sensibles s'abstenir.

 

Des illustrations en couleurs à la beauté gothique complètent chaque histoire. Retrouvez les contes populaires des frères Grimm et de Charles Perrault ainsi que d'autres perles de la littérature à découvrir.

quelques illustrations du livre-
quelques illustrations du livre-
quelques illustrations du livre-
quelques illustrations du livre-

quelques illustrations du livre-

J'ai bien aimé lire ces contes, et j'ai adoré les illustrations qui me faisaient penser aux dessins de Victoria Francès, que j'aime beaucoup ...

pour ceux et celles qui ne la connaissent pas je vous mets un lien ci-dessous,

 

ils disent qu'on peut lire ces contes à partir de 11 ans, personnellement je les réserverais à des enfants un peu plus grands , déjà à cause de certaines illustrations qui sont un peu "sanguines"

 

et ce ne sont plus vraiment des contes de fée, mais ce n'est pas à réserver aux adultes, des ados peuvent les lire ....

Je vous souhaite une bonne journée et à bientot pour de prochaines lectures qui se dérouleront à la cour de Louis XIV...

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:50

Bonjour à tous et à toutes,

 

Aujourd'hui un article pour vous parler d'un livre que je viens de lire ...

 

"La guérisseuse de Peyreforte"

 

 

 

Une histoire qui se déroule en Corrèze et à Paris après la dernière guerre ,

 

Je vous mets ce qui se trouve au dos de mon livre ....

 

 

Julie, une jeune paysanne pleine d'allant, trouve un travail de bonne d'enfants chez un médecin en vacances qui l'emmène ensuite à Paris.

Sa vie dans la capitale est un enchantement. Les enfants l'adorent, la ville lumière la captive, elle est fascinée par son patron.
Elle se prend de passion pour la science médicale et dévore en cachette sa bibliothèque au point d'acquérir une somme prodigieuse de connaissances qui l'amènent à se croire, elle aussi, capable de soigner.

Son séjour tourne courft mais son retour dans son village natal lui donne la possibilité d'affirmer sa v ocation.
Elle devient guérisseuse. Sa réputation granbdit au point que, devant le succès, elle décide d'installer son cabinet dans la petite ferme familiale.
L'affaire prospère jusqu'au soir où un personnage mystérieux vient lui demander son aide ...

 


 

« C’est un livre passionnant qui nous décrit la vie d’après-guerre dans la campagne corrézienne ainsi que dans la capitale. [...] Le style est fluide, le rythme soutenu. [...] On entre rapidement dans cette histoire. Julie, le personnage principal, captive notre attention et c’est avec plaisir et intérêt qu’on s’attache à cette jeune femme généreuse et sincère. »

Anne-Marie Reichert

Un extrait du livre .....

 

La jeune fille serrait son petit sac de tissu sur ses genoux. En face d'elle, le gros monsieur entré en gare de Châteauroux mâchonnait un cigare à l'odeur infecte. Sa voisine avait beau pincer le nez ostensiblement, il restait accaparé par la lecture de son journal. Un halo de fumée flottait au plafond du compartiment. Le vieux monsieur assis près de la fenêtre l'avait un peu ouverte.

Dans les longues courbes, Julie pouvait deviner, loin devant, le panache de fumée de la locomotive. De temps à autre, une escarbille venait cogner à la vitre. Plus elle roulait vers le nord et plus le ciel se chargeait de lourds nuages noirs, presque brillants, qui paraissaient toucher le bout de la terre, tant la plaine s'étirait sans autre but, semblait-il, que de rejoindre le ciel.

En face d'elle, dans le filet suspendu au-dessus des têtes, sa valise se balançait mollement. Un gros sac à soufflet, posé à cheval sur la barre du porte-bagage, menaçait de tomber à chaque chaos. Julie gardait les genoux serrés et les pieds ramassés sous la banquette. Elle n'osait pas lever les yeux vers le gros homme qui continuait de téter son cigare, malgré les regards réprobateurs. Elle avait faim, soif aussi. Elle n'osait pas sortir son casse-croûte soigneusement enveloppé.

Autour d'elle, certains somnolaient, d'autres regardaient droit devant eux, l'esprit ailleurs. Elle aurait aimé que quelqu'un sorte enfin un sandwich, un œuf dur ou un bout de jambon, pour pouvoir elle aussi manger un peu. Elle n'en pouvait plus de rester ainsi immobile, sans oser poser son regard ou entamer une conversation.

Les habitations, à présent, se faisaient de plus en plus denses le long de la voie ferrée. Bientôt, on longea un fleuve, un fleuve si large que Julie ne se souvenait pas d'en avoir jamais vu d'aussi grands. Puis on passa devant les longs murs gris d'une usine, suivie de quartiers entiers de petites maisons de pierre meulière. De temps à autre, une gare traversée bien vite, quelques silhouettes aperçues le long d'un quai. À présent, on ne voyait plus un seul champ, plus une seule colline boisée. Tout semblait plus triste, plus éteint, moins lumineux que dans sa Corrèze natale.

Le train ralentissait. On traversait la « zone », des petites baraques de tôle et de bois, toutes tassées les unes sur les autres, des ruelles boueuses, des gosses mal fagotés qui regardaient passer le convoi en rigolant. Elle frissonna. Dans quelques instants, elle serait arrivée. À quoi ressemblait Paris, ses gares ? On lui avait parlé du métro : un train sous la terre. Elle n'y croyait qu'à demi.

Elle était pressée de le découvrir et, dans le même temps, elle le redoutait. Le train commença à freiner dans un bruit assourdissant et le vieux monsieur remonta la fenêtre. Le gros homme continuait de lire son journal, son cigare vissé entre ses lèvres. On se levait maintenant dans le compartiment pour attraper sa valise en s'excusant. Le gros homme ne bougeait toujours pas, étranger à toute cette agitation.

Un jeune homme se dressait et souriait à Julie. Il avait dormi presque tout le voyage, calé dans le coin du couloir. Il se frotta les yeux, passa la main dans sa tignasse en désordre, sortit une pipe de sa poche et la fourra entre ses dents sans l'allumer. Julie le trouva beau. Un livre dépassait de la poche de sa veste. Il se pencha vers elle. — Voulez-vous que je descende votre valise ? Elle rougit et s'en voulut d'être gênée. — Je veux bien. Et elle désigna de la main son bagage. Le train s'arrêta dans un grincement strident. Une secousse précipita le jeune homme contre le gros monsieur au cigare.

— Eh bien, jeune crétin, vous ne pouvez pas faire attention ? Il époussetait sa veste couverte des cendres de son havane. Julie retint un sourire en pouffant. Le jeune homme répondit, d'un ton joyeux : — Et vous, vous ne pouvez pas éteindre votre barreau de chaise ? Ça fait depuis Châteauroux que vous empestez tout le monde. Allez, poussez-vous !

Le gros homme rougit, porta les doigts à son col pour le desserrer et voulut répliquer. Le vieux monsieur de la fenêtre ne lui en laissa pas le temps. Il se hissait sur la pointe des pieds pour attraper son bagage et lui marchait sur les orteils.

Cette fois-ci, Julie éclata de rire, imitée par le garçon qui lui tendait sa valise. Elle se fraya un passage dans le couloir, serrée entre une maman portant son enfant et un monsieur au costume impeccable, tenant à la main une petite sacoche de cuir noir. Le jeune homme l'attendait sur le quai et l'aida à descendre les quelques marches du wagon. Dès qu'elle eut posé le pied par terre, elle lâcha sa main en rougissant. Elle respira profondément et fut surprise par l'odeur de la ville, une odeur dans laquelle se mêlaient le goudron des traverses, la fumée des locomotives et quelque chose en plus qu'elle ne parvenait pas à définir, quelque chose de plus sombre, de plus subtil. Peut-être, tout simplement, le parfum de Paris ?

— Vous allez loin ? Elle sursauta. Il la regardait en souriant. Elle se troubla de nouveau. — Je… oui, enfin, je me débrouillerai. Autour d'eux, on se pressait. La marée des voyageurs avançait vers les guérites des contrôleurs. — Vous savez prendre le métro ? Julie resta silencieuse, ne sachant pas si elle devait mentir ou lui avouer que cela lui faisait peur. — Je… non, en fait, je ne l'ai jamais pris encore. — Je m'en doute, avec votre accent ! Vous n'êtes pas d'ici. — Que non pas…

Il saisit son bagage et, sans se départir de sa bonne humeur, fit d'un ton joyeux : — Alors je vais vous montrer. Venez avec moi. Elle resta un instant interdite, hésitant entre la peur et le soulagement puis, dans un haussement d'épaules, se mit en marche avec lui. Il se retourna vers elle, enjoué. — Je m'appelle Pierre, et vous ? — Je… Julie, je m'appelle Julie. Toujours cette odeur étrange. Au bout du quai, une file d'attente se formait.

Il fallait présenter son billet pour sortir. Julie chercha fiévreusement dans son petit sac de toile et montra le bout de carton à Pierre. — Ça… Ça suffira, le billet comme ça ? Elle s'en voulut de poser une question aussi sotte. Il y jeta un coup d'œil et approuva de la tête.

À présent, elle marchait à grandes enjambées, de son pas de petite paysanne habituée aux chemins de pierres dans la colline, et aux chemins de rive aussi, quand il lui fallait trotter jusqu'à l'école avec les autres gamins du village, le long de la Dordogne. Ici, tout lui paraissait étriqué, l'air qu'elle respirait, l'espace autour d'elle, cette grande verrière sale qui lui masquait le ciel et les oiseaux, cette gare qu'elle devinait grouillante de monde au-delà de la file des voyageurs.

Le contrôleur ne lui adressa même pas un regard, la casquette vissée au ras des sourcils. Le bois de sa guérite était noir de suie et de crasse. Il se tenait dans cet espace sans air, sans lumière, sans même s'intéresser au monde alentour, uniquement préoccupé de ramasser les tickets de train. Elle tendit en tremblant son bout de carton et se hâta de rejoindre Pierre, en se frayant un passage dans la masse. Elle se sentait un peu gauche au milieu de tous ces gens qui avançaient sans un regard les uns pour les autres, d'un pas vif. Le jeune homme se retourna et s'arrêta. Il souriait toujours.

Un bruit de tonnerre envahit d'un coup la grande verrière, si fort et si soudain que Julie rentra la tête dans les épaules. Pierre éclata de rire. — N'ayez donc pas peur, c'est le métro qui passe ! Puis, reprenant sa marche : — Où allez-vous ? Elle soupira. — Je vais à… à Trinité. Sur le quai du métro, la foule immobile attendait, silencieuse, sans échanger le moindre regard, comme si chacun était perdu dans son propre monde. Pierre aussi prenait la pose. Puis, alors qu'ils montaient dans un wagon en jouant des coudes, il demanda d'un ton léger : — Voulez-vous que je vous accompagne jusqu'à votre station ? Elle rougit de nouveau et balbutia : — Je… Non, je vais y arriver, enfin, je crois. — Je vais vous accompagner, vous voulez bien ?

Ils se tenaient debout, serrés l'un contre l'autre, ballottés et assourdis par les mille bruits alentour. Julie faisait son possible pour ne pas venir s'écraser contre lui dans les virages, mais à chaque fois, elle venait heurter son épaule et se troublait de plus belle. Lui ne paraissait même pas s'en rendre compte. Personne ne souriait. Julie, avec son teint coloré, ses joues rebondies, sa robe de coton mal fagotée et ses cheveux noirs bien coiffés en chignon, tranchait parmi tous ces visages aux regards éteints.

Au-dehors, elle voyait défiler le Paris populaire avec, parfois, un bâtiment plus beau, plus haut, plus majestueux que les autres. Elle se gorgeait de ces images de rues envahies de voitures, de ces trottoirs débordant d'étals de marchands, de ces artères qui n'en finissaient jamais. Elle eut soudain envie de cette ville, de cette agitation, de cette vie qui grouillait partout autour d'elle. Elle tourna les yeux vers Pierre, qui lui sourit, l'esprit ailleurs. Le métro plongea enfin sous terre. Le grondement se fit plus fort. Elle ne se rappelait pas avoir jamais entendu un bruit aussi intense. L'obscurité du tunnel était à peine rythmée par de petites ampoules sales. Puis soudain, dans un bruit de frein, le convoi stoppa sous une voûte de carrelage blanc. Des murs arrondis, de grands panneaux de réclame, des gens serrés qui se précipitaient vers les wagons et la sensation que jamais tout ce monde ne parviendrait à entrer dans un si petit espace. Plus question de se tenir à distance respectable de son voisin, tout le monde se côtoyait dans une promiscuité dont on paraissait s'accommoder. Julie étouffait. Pour la première fois de sa vie, elle se noyait dans une masse humaine indifférente, résignée. Elle avait chaud. Le mois de septembre ressemblait encore à l'été. Elle sentait son chemisier se tremper de sueur. Elle aurait tant voulu pouvoir trouver un peu d'air. Sa valise lui meurtrissait les chevilles à chaque soubresaut. Pierre la regardait, toujours avec son sourire doux. Le métro s'arrêtait de nouveau. Il se vida d'un coup. Julie regardait autour d'elle, respirant à fond, et le jeune homme éclata de rire. — Eh bien, il est temps de descendre. — Et, je… je dois faire quoi, maintenant ?

Alors, dans un soupir amusé, il lui prit de nouveau sa valise et, marchant à grands pas, rejoignit l'escalier qui menait à la passerelle, au-dessus des quais. Quelques minutes plus tard, ils retrouvaient l'air libre et la lumière. Devant eux se dressait une église si grande que la jeune fille ne se souvenait pas d'en avoir jamais vu d'aussi imposante. Elle regarda autour d'elle avec au cœur l'envie de prendre cette ville à bras-le-corps et de devenir elle aussi une de ces Parisiennes qu'elle voyait déambuler dans le soleil de cette fin d'après-midi. Elle se sentait gauche mais heureuse de ce voyage, heureuse de cette décision prise quelques jours auparavant, heureuse de cette année de vie parisienne, si loin de sa Corrèze, si loin de sa vallée. Pierre dit, désignant l'église : — La Trinité. Il continuait de parler, mais elle ne l'écoutait plus. Que disait-il ? Des mots comme « pas loin de la place Pigalle », puis quelques instants après, « la gare Saint-Lazare ». Elle se tourna vers lui, les yeux brillants. — Je crois que je vais bien me plaire ici ! — Je vous le souhaite, de tout mon cœur !

Elle ramassa sa petite valise, les yeux sur la rue qui montait devant elle, sur cet ailleurs qu'elle allait enfin découvrir, et se remit en marche, le jeune homme à ses côtés. Une heure auparavant, ils ne se connaissaient pas et à présent, ils semblaient presque inséparables, comme si cela eût été naturel d'être ainsi ensemble. Elle se sentait bien. Ses appréhensions envers le jeune homme disparaissaient. Tout en remontant la rue Blanche, dans le bruit des voitures et des bus, elle repensa à ce mois d'août, quelques semaines auparavant, où tout avait changé pour elle.

Un livre que j'ai dévoré, et beaucoup aimé,

on voit bien l'évolution de cette jeune fille dans un Paris qu'elle ne connait pas,

comme son retour dans son village natal  ....

 

peut-etre aurez-vous envie de le lire ,

 

je vous souhaite une très bonne journée et à bientot pour d'autres lectures !!...

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:55

Bonjour à tous et à toutes,

 

je vous parle aujourd'hui du dernier roman que j'ai lu ....

 

 

Chine, an 1395, la nuit où Chen Liang, le plus grand armateur de Canton, fiance sa fille Shennong, il découvre sur le seuil de sa résidence, affreusement mutilé, le corps de son trésorier.

Signé d'un cercle de sang, ce crime est le premier d'une série qui tourne au cauchemar. Corruption, sabotages, enlèvements, meurtres : rien n'est épargné au shihao ni à ses proches. Qui ose ainsi défier le puissant " parrain " chinois ?

Thriller, fresque, roman de plusieurs amours, ce grand livre d'aventure se déroule sous le règne du terrible fondateur de la dynastie Ming, au rythme des émotions de la belle Shennong.

Mariant la vérité historique et le souffle du conteur, Vincent Landel réinvente une Chine millénaire, où l'éclat des passions côtoie la cruauté, l'appétit du pouvoir et la sagesse ancestrale.

 

                               

encore un livre que j'ai apprécié, de ceux qui me font voyager ... et vivre des aventures !!!

 

on y retrouvent intrigues, rivalités, complots, amour ....

 

je vous souhaite une très bonne journée et à bientot pour un prochain livre, totalement différent,  qui vous emmènera à Paris et en Corrèze .....

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 00:58

Bonjour à tous et à toutes,

 

Me revoilà pour pour rendez-vous lecture, une fois de plus je vais vous parler du dernier livre que j'ai lu ....

 

"La sage-femme de Venise" de Roberta Rich

 

 

Encore un livre que j'ai bien aimé, et qui se lit aussi très facilement ....

c'est le premier livre de cet auteure américaine ....

 

La sage-femme de Venise

 

Venise 1575. Hannah Levi est réputée dans toute la ville pour ses talents d'accoucheuse – un don développé en secret par les « cuillers d'accouchement » qu'elle a mises au point. Par une nuit d'hiver, le comte Paolo di Padovani vient l'implorer d'assister sa femme, luttant depuis deux jours pour donner naissance à leur premier enfant et dont les forces s'épuisent. Hannah est partagée. La loi interdit aux Juifs de soigner les chrétiens et, si elle accepte, c'est toute sa communauté qu'elle met en danger. Mais la somme d'argent que lui propose le comte suffirait à payer la rançon de son époux bien-aimé, Isaac, retenu en otage sur l'île de Malte. Hannah accepte et aide la comtesse à mettre au monde un petit Matteo. Mais le choix d'Hannah va la précipiter dans une violente rivalité familiale qui met le bébé en danger et compromet son voyage à Malte où Isaac, la croyant morte de la peste, s'est décidé à entreprendre la traversée pour le Nouveau Monde, et ainsi entamer une nouvelle vie.

 

 

 

Une histoire très bien racontée, qui se situe au 16e siècle,

on vit en parallèle l'histoire d'Hannah, à Venise,  ainsi que celle de son mari Isaac prisonnier à Malte ... il n'y a aucun temps mort ...

 

 

 

Je vous souhaite bonne lecture et une très bonne journée !!!

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 00:49

Bonjour à tous et à toutes,

 

Aujourd'hui je vous parle du dernier livre que j'ai lu ...

 

"Les lavandières de Brocéliande"

Les lavandières de Brocéliande, Edouard BraseyLes Lavandières De Brocéliande de Édouard Brasey

 

Un livre de Edouard Brasey

 

 

Un mélange de croyances populaires, au pays de la magie, Brocéliande, et ses légendes Arthuriennes,  le tout sur fond de seconde guerre ...

 

 

Je vous mets un extrait du livre, que j'ai pris au dos de celui-ci ...

En ce matin de la Toussaint 1943, la communauté des lavandières de Concoret, petit village en lisière de la forêt de Brocéliande, est saisie d'effroi quand Gwen, une jeune orpheline, découvre l'une de ses consoeurs noyée dans le lavoir.

Dahud, la doyenne et mère de la victime, incrimine les lavandières de la nuit, ces créatures surnaturelles qui, dans les légendes bretonnes, lavent les linges ensanglantés de leurs enfants mort-nés.

Mais les soupçons se portent sur deux suspects bien réels : un jeune noble à qui l'on prête une liaison avec la défunte, et un pauvre charbonnier bossu méprisé de tous.

Quand ce dernier est pourchassé par le S.S., Gwenn le conduit au Val-sans-Retour où se sont réunis, comme de nouveaux chevaliers de la Table ronde, de jeunes résistants réfractaire au STO.

Mais la malédiction continue de poursuivre les lavandières de Brocéliande ...

            -Eglise du Graal, tréhorenteuc-

 

C'est un livre qui m'a beaucoup plu, déjà j'aime bien les histoires qui se déroulent en Bretagne, sans doute mes origines qui reviennent à la surface ...

 

mais j'aime bien aussi quand ça se passe à une autre époque que la notre ...

 

c'est un livre qui se lit très facilement, et qui nous plonge dans cette Bretagne de légendes ...

 

 

J'espère que je vous aurai donné envie de le lire , je vous souhaite une très bonne journée, et à bientot pour de prochaines lectures  !!!

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 23:21

Bonjour à tous et à toutes,

 

Une fois n'est pas coutume, je voudrai vous parler de livres que j'ai lu cet été ....

 

                                      Nuit noire, étoiles mortes

 

Tout d'abord le dernier livre de Stéphen King ....  c'est un auteur que j'aime beaucoup , j'ai dû lire une dizaine de ses livres alors qu'il en a écrit 4 fois plus .... pas assez de temps pour lire les autres ...

 

pour tous ceux et celles qui aiment cet auteur, vous retrouverez dans ce recueil de 4 nouvelles, le S.King qu'on adore !!!

 

pour reprendre ce qui est écrit au dos du livre ...

 

Dans la lignée de "différentes saisons", un King démoniaque où

les mariages se disloquent sous le poids de secrets plus noirs que

les ténèbres, où l'avidité et la culpabilité distillent goutte à goutte leurs venins, où la seule certitude est que le pire reste encore à venir ...

 

Ne cherchez jamais à connaitre cet Autre qui sommeille en vous .....

 

                      *************************************

Et le deuxième livre, d'un genre totalement différent celui-là !!!!

 

                                   Des chevaux sauvages, ou presque - Jeannette Walls

 

Un roman consacré à la pittoresque grand-mère (de l'auteur) Lily Casey, une pionnière au courage sans faille, ne se quitte pas, une fois commencé.

Vous y retrouverez meme des photos de famille ...

 

"A travers ce personnage exemplaire se dessine le portait d'un pays en pleine mutation, aux décors géographiques grandioses. Evasion du gris ordinaire des jours garantie"

Jeannette Walls nous emmène, du Texas en Arizona, à la rencontre de sa famille et de l'Histoire américaine.

 

Je ne connais pas son précédent livre "Chateau de verre" mais ça me donne envie de le lire ....

 

 

 

 

Ainée d'une fratrie de trois enfants, Lily Casey vient au monde avec le siècle, en 1901

Elle affirme très tôt une forte personnalité.

A cinq ans elle dresse des chevaux, à quinze elle devient institutrice. Cette pionnière aux allure de Calamity Jane n'a peur de rien ; ni de traverser le pays à cheval, ni de piloter un avion, ni même de plumer ses ouvrier au poker...

Encore moins de faire le commerce de l'alcool à l'heure de la prohibition !

Force de la nature, certes Lily Casey n'est pas épargnée par les tragédies de la vie.

Elle les surmonte, une à une, grâce à une recette infaillible - ne jamais s'apitoyer sur son sort.

Seule sa fille Rosemary aura raison de son inépuisable énergie ; Lily Casey ne parviendra jamais à dompter son tempérament bohème ....

 

Je n'ai pas pour habitude de vous parler des livres que je lis, mais si ça vous dit à l'occasion je le referai,

j'essaie de reprendre le temps de lire un peu, meme si je ne me suis jamais arretée !....

 

Je ne sais pas si je vous aurai donné envie de lire ces livres, mais je vous souhaite une belle journée ...

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